Philosophique & théologique

Conférence philosophie

La mort

I)                   Pourquoi cette conférence ?

Le sens de la vie passe par la philosophie et chez les adolescents les questions philosophiques sont nombreuses. Même si le thème de la mort est relativement tabou chez les jeunes qui sont plutôt portés à s’éclater et à vivre ce n’est pas pour autant que cette question est ignorée. Effectivement, les premières questions posées sur la mort apparaissent très jeune aux environs de 3 ans. Mais cette notion réapparaîtra et sera réactivée plusieurs fois par les expériences de la vie. Le deuil, c’est le temps après la mort de quelqu’un qui nous était cher. C’est l’expérience de ce deuil et donc de la mort d’autrui qui nous permet de nous questionner sur la mort, car elle nous fait penser à notre propre mort. Mais faut-il pour autant se préparer à mourir ?

II)                L’approche scientifique de la mort

La science a une approche de la mort. La mort biologique : un encéphalogramme plat pendant un certains laps de temps qui entraînerait la mort biologique : l’arrêt du cœur et des fonctions cérébrales. La mort scientifique c’est également un ensemble de processus physiques et chimiques qui arrête une vie. La mort est donc un problème à résoudre par des observations chimiques. Pour cela il y des personnes qui ont eu des expériences de mort imminente (EMI). (Supprimer la phrase suivante). Ce sont des expériences qui font quasiment mourir une personne pendant un laps de temps très court. Les personnes qui ont vécu ces expériences ont des descriptions relativement similaires de ce qu’elles ont vécu : un détachement du corps, une sensation de bien être de calme et un tunnel obscur avec de la lumière au bout. Une musique ou une voix guide. Mais quel crédit apporter à ces témoignages ? C’est la seule expérience que nous pouvons connaître en tant qu’humain avant notre mort réelle. Des colloques sont organisés pour discuter des crédits devant être apportés à ces témoignages étrangement similaires. Mais la bioéthique permet de réfléchir sur la mort, son accompagnement. Cette question est très présente dans les services de soins palliatifs. Les législations sont différentes dans chaque pays. La question de l’euthanasie, par exemple en France l’euthanasie active est interdite. Mais prendre des directives anticipées permet par exemple de refuser l’acharnement thérapeutique. L’avantage est de choisir certaines choses quand on ne sait pas si, le moment venu, on sera capable de prendre et d’affirmer notre position. Mais elles doivent être revues tous les trois ans pour être valables.

III)             l’approche philosophique de la mort

La philosophie a une approche différente de la mort. Non en se posant la question pourquoi on meurt mais pourquoi sommes nous mortels ? On sait tous que nous sommes mortels mais cette connaissance crée une angoisse existentielle. Quel est le sens de la vie ? Nous n’avons pas choisi de naître mais nous mourrons tous. A quoi sert-il de vivre en sachant qu’on va mourir ? Mais comme le dit Heidegger « Il faut faire avec » ou même Camus dira « C’est parce que la vie est absurde qu’on essaie de lui donner un sens ». La reconnaissance que la mort n’est pas un acte anodin mais qu’elle doit être entourée est même caractéristique de l’apparition de l’humanité pour les anthropologues qui considèrent qu’il y a humanité quand on peut voir un enterrement, des rites funéraires. On utilisera aussi des mythes pour faire comprendre et accepter la mort comme la Genèse dans la bible. Mais au fond que serait la vie si on était immortel ? Serait-ce réellement mieux ? Ou si vu l’infini du temps, on ne souhaiterait pas à un moment que la vie finisse ? Quelles sont les attitudes proposées par les philosophes vis-à-vis de la mort ? - Socrate dans « le Phédon » vient d’être condamné à mort pour atteinte à Dieu et corruption de la jeunesse. Il est entouré de ces disciples et se demande ce qu’il a fait de sa vie : essayer de détacher son âme de son corps car il dit que le corps est  le tombeau de l’âme. Pour lui la mort est donc le but ultime de sa vie, car son âme et son corps vont enfin être séparés dans la mort : c’est ainsi qu’il « apprend » à mourir et qu’il relativise sa mort. - Stoïcisme : cette philosophie était partagée à la fois par un empereur (Marc-Aurèle) et un esclave (Epictète). Pour eux notre peur de la mort vient de la représentation qu’on s’en fait. Pour eux si on travaille à changer cette représentation de perte et de douleur que l’on a de la mort, alors on ne craindra plus de mourir. Les philosophes de l’antiquité ont travaillé à essayer de changer cette représentation. - Epicuriens : Pour Epicure, seuls les désirs naturels et nécessaires s’ils sont respectés, nous permettent d’être heureux (boire, manger dormir). Il faut faire attention par exemple à l’amour qui est naturel, mais pas nécessaire. Il ne faut pas chercher à penser à la mort mais satisfaire ses besoins naturels et nécessaires, de manière à bien vivre. Comme le disait Spinoza : « Ce qui arrive, arrive ! ». Il faut apprendre à vivre sans se soucier de la mort - Pascal : pour lui il faut accepter et se faire à l’idée que l’on va mourir et ne surtout pas se détourner de la vie par peur de la mort. Il faut accepter d’être mortel pour ne pas perdre le véritable sens de la vie. Et le suicide ? Le suicide c’est quand un homme met fin à sa propre vie par désespoir. Pour les stoïciens le suicide philosophique n’est pas un désespoir mais une liberté. Dans la vie, nous avons des libertés et choisir de mourir peut en être une. Sortir de sa propre vie quand on le souhaite. Par contre pour Kant, nous avons des libertés, la possibilité de faire des choix mais mourir nous fait perdre la liberté de vivre ; or une liberté en se supprimant n’est plus une liberté. Est-ce normal d’avoir peur de la mort ? La peur de l’inconnu nous fait avoir peur de la mort car nous ne savons pas ce qui va nous arriver après. Comment apprendre à vivre en ayant peur de la mort ? Comme le dit Spinoza il ne faut pas apprendre à mourir mais apprendre à vivre. Apprendre à vivre c’est apprendre à être heureux : on n’y arrive qu’en faisant un travail sur nous-même en nous. Avoir peur de la mort est-ce avoir peur de l’oubli ? Il faut se dire qu’on ne meurt pas tout entier. On reste vivant dans le cœur et le regard des autres. On peut se prolonger en laissant une œuvre : par exemple car on se souvient généralement beaucoup des héros, des saints et des sages. Mais avoir des enfants est également un moyen de se prolonger car ils sont une partie de nous. Nous voyons dans un sondage que les français ont surtout peur de la souffrance qu’engendre la mort d’un proche et qu’ils essayent de penser le moins possible à leur mort. Est-il normal de beaucoup penser à la mort ? Est-ce un problème de gestion du temps ? Nous pensons tous à la mort, mais il faut se dire que seul le présent existe, le passé et l’avenir n’existent pas. C’est le pouvoir de l’instant présent. Il faut vivre le mieux possible en occupant son temps de la façon qui nous est agréable, et a du sens.

IV)             Approche religieuse de la mort

La foi chrétienne a comme caractéristique centrale de croire en la résurrection. Mais on ne peut asséner des vérités dans la foi : mais être à l’écoute de Dieu comme les moines bénédictins qui passent 8 h à réfléchir, prier pour être proche de dieu. Ils envisagent la mort de façon plus sereine. Mais la résurrection n’est pas la réincarnation (penser qu’après une vie terrestre nous allons nous transformer en autre chose, la vie est un cycle interminable). La résurrection n’est pas une croyance naïve mais la croyance en Jésus-Christ qui a été ressuscité. Il n’y a pas de preuve mais des signes de résurrection. C’est comment ma vie s’oriente grâce au lien mystérieux avec Dieu. La foi en la résurrection nous rappelle que la mort est un passage obligatoire, qu’elle fait partie de l’ordre des choses mais qu’elle n’est pas une catastrophe ou une fatalité, qu’on doit avoir confiance en Dieu. La question de la mort se pose le plus souvent quand on vit la mort d’un proche ou qu’on est confronté à la mort. La résurrection est donc une question liée à la notion mystérieuse entre la vie et la mort et dans le lien mystérieux avec Dieu avec une dimension sacrée d’éternité dans chaque vie. Mais la croyance ne permet pas d’avoir moins peur de la mort Rolland Marine; Martinez Gaël

Durant la conférence

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